Côte d'Ivoire : L’assurance vie en Afrique subsaharienne francophone
Traditionnellement, les activités d’assurance-vie sont destinées à fournir une couverture d’assurance pure contre le risque de décès prématuré. L’assuré paie des primes d’assurance en échange d’une couverture à verser aux bénéficiaires (personnes à charge) en cas de décès prématuré du principal soutien de la famille.
Les services d’assurance-vie offrent également des rentes qui fournissent une couverture pour le souscripteur d’assurance contre le risque de longévité (vieillesse). Dans ce cas, l’assuré paie les primes à l’assureur en échange d’une couverture qui est payable au cours d’une période de temps déterminé ou toute la période de la durée de vie de l’assuré.
Ainsi, l’assurance-vie joue un rôle important dans la planification financière des individus car elle peut être utilisée comme une couverture contre l’incertitude financière résultant des risques de mortalité ou de longévité encourus par les individus. En plus de son rôle dans la gestion des risques, l’assurance-vie est également un important instrument de mobilisation de l’épargne intérieure dispersée des agents économiques pour la canaliser vers des opportunités d’investissements productifs.
En effet, avec le caractère régulier ou contractuel du règlement des primes par les souscripteurs, les sociétés d’assurance-vie arrivent à mobiliser de l’épargne importante et stable par rapport aux autres institutions financières (banques et marchés financiers). Ainsi, les sociétés d’assurance-vie de même que les sociétés de fonds communs de placement et de retraite sont les plus importants investisseurs institutionnels sur les marchés boursiers, obligataires et immobiliers.
De ce fait, le développement de l’assurance-vie permet de financer durablement l’économie des pays. Depuis la tenue de l’assemblée générale de la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement en 1972 qui avait montré l’importance de la promotion de l’assurance pour le développement économique dans les pays en développement. Plusieurs de ces pays ont entrepris la création de sociétés d’assurances de droit national et la mise en place des mesures nécessaires pour leur développement harmonieux.
L’objectif recherché était que ces entreprises nationales d’assurances puissent pleinement jouer leur rôle d’investisseurs institutionnels dans le financement du développement local. Ainsi, une réponse aux recommandations de la CNUDED, les pays africains se sont en particulier orientés vers la nationalisation des opérateurs du secteur d’assurance, d’autres pays ont favorisé la création de sociétés de droit local entièrement privées et opérant dans un marché ouvert et concurrentiel.
L’Afrique subsaharienne francophone est une zone de diverses cultures et traditions avec une population estimée à environ 125 millions d’habitants qui constituent un fort potentiel pour le développement du secteur de l’assurance-vie. Malgré le potentiel démographique, le secteur de l’assurance-vie classique (assurance en cas de vie, en cas de décès et épargne- retraite) est cependant faiblement développé dans la zone Cima/ Fanaf. En effet, en 2011 par exemple, la branche d’assurance-vie représentait environ 33% du chiffre d’affaires de l’assurance totale, 47% pour toute l’Afrique et 57% au niveau mondial. Aussi, le taux moyen de pénétration de l’assurance-vie (primes d’assurance-vie rapportées au produit intérieur brut) de la zone n’y était que de 0,16%, contre 2,8% pour l’ensemble de l’Afrique et 3,8% au niveau mondial.
Ahipeaud Stéphanie